FlightSafety, simulateur Embraer 120



Alignement des simulateurs chez FlightSafety : Falcon 900EX et Falcon 2000. Au fond, un simulateur Gulfstream 200.

     Mardi 21 novembre, 14hOO

             
    
 Le pont-levis est relevé, porte fermée, l'instructeur et ses trois victimes sont dans la salle de torture.
     Aux commandes pour maîtriser la bête : 40.000 heures de vol !

     Tiens, ce manche m'est familier, un "W" à l'envers, influence culturelle française au pays de Santos Dumont ? Je suis le premier à passer au trapèze, je subodore que l'instructeur va me soigner, afin de prouver que les papys ne savent plus piloter, ont ils jamais su ?

     Roulage au sol, hum, ça roule à gauche, à droite, parfois la roulette passe sur le trait jaune. Les moteurs font un bruit curieux, comme un bruit d'hélice, comment, ça existe encore ? Aligné sur la piste, je suis prévenu, "ça embarque dur à gauche à la mise de gaz"...

     Je devine qu'il va embarquer à droite! Le piège, il embarque à gauche, je parierai qu'en plus il a hypocritement réduit le moteur gauche et affiché 50 nœuds de vent de travers.
     Bon, tant bien que mal la rotation est faite, vario, train, les habitudes reviennent... Assiette de montée, je reprends plus ou moins l'axe de la piste, tiens, qu'est ce que c'est que ce directeur de vol, ah oui, les moustaches comme sur les premiers B 707 en 1960...

     Je fais ce que je peux pour poser la maquette sur ces moustaches qui se dérobent, oscillent, je sue, j'angoisse, je me plains, je sens le dédain de l'instructeur, je devine qu'il hausse les épaules en commutant le directeur de vol sur une configuration que j'ai pratiquée pendant des décennies : Les aiguilles croisées.
     Je devine qu'il me prépare une rosserie. Je regrette mon binôme, Didier, quand pour mon ultime qualification à Air France, de la place droite il voyait l'instructeur bidouiller dans mon dos une vacherie.

     Ici, à droite, Bernard ne m'aide pas, sans doute souhaite t-il que je casse cette caisse à savon. Dans l'interphone Didier me prévenait "panne du 4", "gradient de vent 40 nœuds", "feu au 3"...
     Ici, c'est pire, je sais que la panne est imminente, la tension est intense, rien, encore rien, alors que je suis prêt à tout !

     Je suis tendu sur les gouvernes, je devine que le train ne va pas se verrouiller, va me condamner à une périlleuse remise de gaz avec un moteur qui dévisse...
     Non, c'est vraiment un vicieux, rien, pas de panne, alors réduction, arrondi, boum et badaboum.
     C'était ça ! Il avait programmé un boum...

     Commentaire :
     Ce vol fut un vrai régal, avec un instructeur amical, efficace et tolérant, merci à lui et aussi à l'organisateur de cette belle journée d'automne au Bourget...

          Gérard Duguet


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Dernière mise à jour 02-2007