Germaine L’Herbier-Montagnon : L’ange gardien des aviateurs disparus.
Le 29 juillet 2026 a marqué le 40e anniversaire de la disparition de Germaine L’Herbier-Montagnon (1895-1986). Pour honorer cette figure légendaire, notre ami Gilles Novat,représentant notre association Les Vieilles Tiges, s’est joint à la délégation de l’Armée de l’air,portée par l’espace muséal Caritat de la base aérienne 115 d’Orange. Ils étaient entourés des réservistes, des anciens combattants et des bénévoles, pour se recueillir sur sa tombe, au cimetière de Tournon-sur-Rhône. Un hommage vibrant a ainsi été rendu à cette femme extraordinaire qui voua sa vie aux pilotes perdus. Bien qu’elle n’ait jamais porté l’uniforme militaire, Germaine L’Herbier-Montagnon a marqué l’histoire de l’aviation. Issue d’une lignée de passionnés de l’air, elle intègre en 1936 l’Amicale des infirmières pilotes secouristes de l’Air (IPSA), la section aviation de la Croix-Rouge, dont elle sera la vice-présidente jusqu’en 1952.
Une traque obstinée contre l’oubli.
En 1940, constatant l’absence totale de structures pour localiser les pilotes abattus en pleine débâcle, elle refuse de rester impuissante. Animée par un altruisme farouche, elle fonde de toutes pièces six compagnies d’infirmières volantes bénévoles. Ensemble, ces femmes défient les dangers de l’Occupation et parcourent des milliers de kilomètres à travers la France. Armée d’une patience infinie et exploitant les indices les plus ténus, son organisation parvient à retrouver la trace de 500 aviateurs français et 13 000 alliés. Son patriotisme ne s’arrête pas là.
En parallèle, elle met sur pied un réseau d’évasion audacieux pour exfiltrer les pilotes rescapés, transformant un simple confessionnal de la cathédrale Notre-Dame de Paris en plaque tournante de la liberté. Devenue suspecte aux yeux de l’occupant, elle est arrêtée par la Gestapo en janvier 1941, avant d’être relâchée faute de preuves. À la Libération, le général Valin, chef d’état-major de l’Armée de l’air, lui demande personnellement de poursuivre sa mission sacrée. Au total, le décret de sa Légion d’honneur lui attribue directement l’identification de 300 aviateurs français et 940 britanniques.
Plume de l’air et mémoire de Tournon.
Le courage de l’infirmière volante a franchi les frontières. Dès 1945, le roi Georges VI l’élève au rang d’Officier de l’Ordre de l’Empire Britannique (OBE). L’année suivante, la France lui
décerne la Légion d’honneur, une distinction qui vient couronner une impressionnante collection de médailles militaires. Femme d’action mais aussi de lettres, elle consacre l’après-guerre à l’écriture pour immortaliser ces missions périlleuses. Son chef-d’œuvre, Disparus dans le ciel, subira la censure allemande : interdit, le livre est brûlé par les nazis en 1943.
En 1952, elle choisit de quitter le tumulte parisien pour retrouver sa terre natale de Tournon-sur-Rhône. Elle y entame alors une seconde vie de chercheuse, troquant l’histoire de l’aviation pour celle de son terroir. Devenue la mémoire vivante de la ville, elle rédige plusieurs ouvrages de référence sur le patrimoine local. Quarante ans après son dernier vol, le souvenir de cette
héroïne au destin exceptionnel reste gravé à jamais dans la mémoire de l’Armée de l’air et de sa commune.
Le général JUIN remet la Légion d’Honneur à Germaine L’HERBIER-MONTAGNON




