Guy STIMBRE
Guy STIMBRE
Guy STIMBRE est né le 10 octobre 1932 à Magnien (Côte d’Or). Passionné par l’aéronautique, à l’âge de 18 ans il s’engage dans l’Armée de l’Air. Après un passage sur les bases de Toulouse et de Reims, il est admis en 1951 élève pilote au centre de sélection de la base d’Aulnat. En avril 1952, au centre de Saint Yan il découvre le Stampe SV4, et y effectue ses premiers vols solos. En septembre 1952, il rejoint la base école de Marrakech pour suivre l’entraînement au pilotage de base de l’Armée de l’Air sur North American T6, promotion 52 E. Parallèlement, il pratique le vol à voile au centre Marocain d’Ifrane et obtient son premier brevet aéronautique, le brevet B de planeur. Affecté à l’école de chasse de Meknès en septembre 1953, il vole sur Morane 475 puis sur T33 et enfin sur Vampire. Le 25 mars 1954, il est breveté pilote de chasse n°34598. Durant cette période de formation il subit un accident sérieux sur Morane 475 au cours d’un atterrissage d’urgence à cause du palonnier bloqué. L’avion incontrôlable touche de l’aile, puis du moteur, passe sur le dos et se brise en deux morceaux, moteur séparé de la carlingue. Un officier témoin de l’accident, annoncera froidement « Après-demain, poignard et gants blancs » (faisant référence à l’uniforme porté lors d’une cérémonie). En fait de funérailles, trois jours plus tard Guy STIMBRE est sur pied et reprend les vols jusqu’à l’obtention du brevet. Jeune breveté, il choisit Dijon afin de se rapprocher de son village natal. Il est affecté à l’EC 2/2 Côte d’Or Escadrille SPA 57 Mouette pour voler sur Ouragan. En mai 1956 il découvre le Mystère IVA, premier chasseur Français supersonique qui vient enrichir l’Escadre de Dijon. En septembre 1956, sur cet avion il subit son deuxième crash dû à un arrêt réacteur à basse altitude, lors d’un retour de mission, en approche de la BA 102. Il vole à moins de mille pieds, pas assez haut pour tenter un rallumage et après avoir viré pour éviter le village de Noiron, il se retrouve trop bas pour l’éjection. L’atterrissage sur le ventre, dans un champ est violent et c’est le garagiste du village qui, témoin de l’accident vient aider le pilote à s’extraire de l’avion. Le garagiste conduit alors Guy STIMBRE à son domicile et l’installe sur son lit chaussé de ses bottes boueuses. Il lui propose un verre de gnôle pour qu’il se remette de ses émotions ; devant le refus justifié de Guy, le garagiste plus choqué que le pilote lui répond alors : « Si toi t’as pas le droit, moi j’ai le droit » et il avale les deux verres cul sec. Après deux jours d’hôpital et quelques jours de repos, il reprend les vols pour préparer l’expédition de Suez. En octobre 1956, c’est en effet le départ pour le Moyen-Orient avec pour destination une base dans le nord d’Israël. Mission principale, couverture du territoire Israélien et quelques incursions dans le Sinaï. Retour à Dijon fin décembre 56. En octobre 1957 Guy STIMBRE est affecté à l’EALA 8.72 (Escadrille d’Aviation Légère d’Appui) à Tébessa en Algérie, pour contribuer au maintien de l’ordre. Il rejoint cette unité début novembre, après être passé à Aulnat pour une reprise en main du T6 armé, et aussi suivre une formation au vol en montagne sur Morane Saulnier 733 Alcyon. Lors d’un appui feu à bord d’un T6 pour dégager un convoi attaqué près de la frontière Tunisienne, il est sévèrement blessé au bras par le tir d’un rebelle au sol. Il reprend les vols moins de deux mois après et termine son tour d’opérations fin octobre 1958 comme chef de section de l’aviation légère avec 212 missions de guerre n°2 et trois citations.
En fin de contrat en novembre 1958, il quitte le service actif de l’Armée de l’Air pour vivre l’expérience d’instructeur parachutiste professionnel mais en tant que réserviste actif, il continue à voler régulièrement sur Mystère IVA durant les années 59, 60 et 61.
Il réintègre l’Armée de l’Air début 1962, toujours à la 2° Escadre de Dijon, ce qui lui permet en mars, d’être transformé sur Mirage III C. Il passe son brevet de sous-chef de patrouille et est qualifié sur Morane Saulnier 760 Paris. Muté en mai à la 30° Escadre de chasse de nuit, il rejoint Reims au sein de la section d’instruction tout temps pour y effectuer sa transformation biréacteur sur Météore MK7 et NF11 et aussi se former sur le travail en équipage avec navigateur radariste. En février 1963, il est affecté sur place à l’escadron Lorraine 3/30. Il découvre avec plaisir le chasseur de nuit Vautour 2N et il est qualifié sur Dassault MD312. En février 1965, affecté à Nancy Ochey à l’escadron de chasse 1/7 Provence, comme leader en OTU (Operational Training Unit), il retrouve le Mystère IVA sur lequel il passe, courant 1966, son brevet de chef de patrouille.
En février 1967, il est affecté à l’école de chasse de Tours, comme moniteur. Il retrouve le T33 de ses débuts à Méknès. Il enseignera ainsi le Vol Sans Visibilité, le vol de nuit, la voltige, la navigation et le combat à plusieurs promotions de futurs pilotes de chasse.
En octobre 1968 pour sa dernière affectation, il retrouve Nancy Ochey et intègre la SALE (Section d’Accueil, de Liaisons et d’Entraînement) ainsi que la section Vol Sans Visibilité et liaison de la 7° Escadre. Il vole sur Broussard, MD 312 et T33 jusqu’à fin janvier 1969, terme de son statut d’ORSA (Officier de Réserve en Situation d’Activité).
Il quitte l’Armée de l’Air, avec le grade de commandant et 2800 heures de vol, dont 1800 sur réacteur. Dès le mois de février 1969, il exerce sur l’aéroport de Lyon Bron comme pilote professionnel de société, puis dans deux compagnies de vol à la demande. Il effectue durant dix-huit ans plus de 7.000 heures de vol et sillonne l’hexagone ainsi que l’Europe, de jour, de nuit, et par tous les temps en Beech Baron, Cessna 310 et principalement Beech King Air.
Avec les SAMU de Lyon et de Clermont, il réalise des évacuations sanitaires et des transports d’organes. Après un bref passage chez les Avions Robin à Dijon, il découvre une nouvelle facette de l’aviation : le transport public. Début 1988, il rejoint la compagnie Air Limousin comme commandant de bord sur Fairchild Swearingen Metroliner SW4, puis en 1989 chez Air Littoral comme Officier pilote pendant six ans sur E 120 Brasilia. Il ajoute près de 4.000 heures à son carnet de vol. Il prend sa retraite de navigant en juillet 1995.
En 1997, il se reconvertit instructeur pilotes privés. De 1997 à 2004 il occupe le poste de chef pilote des Ailes anciennes de Corbas dont la vocation est de restaurer et faire voler des avions anciens, comme le Nord 1200 Norécrin, le Broussard, le Flamant MD312. De 1997 à 2019 Il pratique également l’instruction bénévolement au profit de la section Vol Moteur de l’ANORAA et au sein de l’aéro-club du Grand Lyon sur l’aérodrome de Bron. De 2005 à 2012, avec le statut de chef pilote, il présente en meetings le MS505 Criquet (Fieseler Storch) et le MH 1521 Broussard de l’association Espaces Aéro Lyon Corbas. En juin 2021 il totalisait 16.220 heures de vol comme pilote dont 2450 de nuit et 19.000 atterrissages sur 75 types d’avions.
Parallèlement à sa carrière de pilote, en 1954 il obtient son brevet parachutiste de 1° degré au centre de Châlons sur Saône et en 1955 le 2°degré avec le n°348. Il obtient son brevet d’instructeur parachutiste, major de promotion, en juin 1959 avec le n°66 puis son brevet de parachutiste professionnel en juillet 1966 avec le n°26. Il participe à 14 championnats de France, figurant toujours dans les dix premiers au classement général. Il a été champion de France d’atterrissage de précision et vice-champion de France de voltige. Il sera trois fois champion national air et vice-champion national air (NB : battu par son élève).
Il est le premier Français classé lors des championnats du Monde à Sofia en 1960. Il devient en 1964, champion du Monde par équipe aux championnats du Monde militaires à Pau et 7° en individuel. Il sera aussi, en 1965, vice-champion du Monde par équipe aux championnats du Monde militaires à Rio de Janeiro et 6° en individuel. A souligner qu’il était le seul pilote à faire partie de l’équipe de France militaire de parachutisme, composée exclusivement de moniteurs de la base école des troupes aéroportées. Instructeur professionnel au centre de Chalon sur Saône en 1959, 60 et 61 et a formé de nombreux stagiaires Français et étrangers. Ce qui, avec ses résultats en compétition et ses capacités de pilote, lui a valu la médaille de l’Aéronautique et celle de la Jeunesse et des sports.
En mars 2002, il totalisait 2400 sauts en parachute et plus de 2000 heures de vol comme instructeur largueur.
Guy STIMBRE est Officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, titulaire de la Médaille Militaire, la Croix de la Valeur Militaire avec 1 citation à l’ordre de l’Armée et 2 citations à l’ordre du Corps d’Armée, de la Médaille des blessés de guerre, La Croix du combattant volontaire (AFN), La médaille de l’Aéronautique, La médaille Commémorative des Opérations du Moyen-Orient, la médaille Commémorative des Opérations AFN, la médaille de la Jeunesse et des Sports.
Guy STIMBRE s’est éteint le 9 mai 2025 dans sa 93ième année, laissant un immense vide au sein du Groupement Antoine de Saint Exupéry qu’il avait rejoint le 5 décembre 1995.
Guy STIMBRE devant « son » Mystère IV en 2012 au Musée de l’EALC



